Love & Relations

Triangle de Karpman | Pourquoi j’ai arrêté d’apporter mon aide à des personnes qui ne m’ont rien demandé, même si je pense qu’elles sont dans une situation qui semble leur être néfaste

Il m’a fallu trois essais pour écrire ce simple titre. J’avais commencé par écrire :

« Pourquoi j’ai arrêté d’aider les personnes qui sont dans une situation négative », puis « Pourquoi j’ai arrêté d’aider les personnes qui semblent être dans une situation négative », ensuite « Pourquoi j’ai arrêté d’apporter mon aide à des personnes qui ne m’ont rien demandé même si je les perçois être dans une situation qui me semble leur être néfaste » et j’ai fini par opter pour ce titre :

Pourquoi j’ai arrêté d’apporter mon aide à des personnes qui ne m’ont rien demandé, même si je pense qu’elles sont dans une situation qui semble leur être néfaste

Et vous savez pourquoi ?

Premièrement, parce qu’au final, qui suis-je pour juger qu’autrui est dans une situation « négative » ou « néfaste » ? Quand je parle de situations négatives ou néfastes, bien évidemment, je ne parle pas de mise en danger de sa vie ni même de la vie d’autrui. Cet article n’aurait pas eu lieu d’être avec de telles considérations. Je parle de ces situations qui n’ont pas l’air saines, et qui, selon moi, (et sans doute pas uniquement selon moi) peuvent difficilement contribuer au bonheur d’autrui.

Deuxièmement, qui suis-je pour penser que moi, Marie, je suis capable d’aider quelqu’un à sortir d’une situation que J’AI déterminé comme étant négative ou néfaste ?

Troisièmement, j’ai maintenant un titre un peu à rallonge mais je voulais absolument ajouter « qui ne m’ont rien demandé » à ce titre. Entre vous et moi, j’aurais pu m’arrêter là, car ce titre en dit déjà beaucoup. Cependant, vous n’êtes pas sans savoir que je suis un peu plus bavarde que cela et puis j’ai envie de vous raconter une petite anecdote que j’ai vécue il y a très peu de temps.

Le titre pourrait être amélioré, et en cliquant sur le bouton « publier », je le penserais sans doute encore mais je pense que vous avez compris l’idée.

Il y a quelques semaines, j’ai passé un super weekend entre filles. Ce genre de weekend que j’adore : on se balade, on refait le monde, on se charrie, on rigole à en pleurer ou presque,… Je vous passe les détails.

Le samedi soir, on a rejoint dans un restaurant plutôt sympa, Aurélie (une habituée des lieux), amie d’une des filles avec qui j’ai passé ce fameux weekend, et qui était elle même venue avec Bruno, un de ses amis.

Vous me suivez toujours ?

Ce fameux ami, d’amie, d’amie, Bruno, s’est livré à nous très rapidement au sujet d’une relation qu’il vivait en ce moment avec sa voisine.

Petite mise en contexte : Bruno a quitté après 6 ans de relation, une femme qu’il a décrit comme étant très pessimiste et négative. Il dit avoir fait le deuil de cette relation, malgré le fait d’être passé par des moments assez difficiles, et être désormais prêt à vivre une belle histoire d’amour, avec dans l’idéal, la future mère de ses enfants.

Il s’avère que suite à sa rupture, il s’était rapproché de sa voisine qu’il considérait comme une amie (j’ai des petits doutes à ce propos, NDLR 🙃) et qui était en couple avec un homme qui ne faisait pas grand chose à la maison, et qui ne prenait semblerait-il, pas du tout soin d’elle.

Vous le voyez le super sauveur arriver n’est-ce pas ?

Il a été une oreille attentive, il l’aidait à réparer sa voiture, à porter certaines choses lourdes, tout ça parce que son propre copain était soit disant trop pris par son boulot pour l’aider.

La percevant dans la « détresse », Bruno décide de lui « porter secours », et pendant dans mois, lui conseille de quitter son copain.

Au bout de plusieurs mois, elle finit par le faire. Les deux voisins se rapprochent de plus en plus, jusqu’à avoir des relations sexuelles, sans pour autant mettre un nom sur cette nouvelle relation. La voisine lui dit de ne pas l’attendre car elle n’est pas prête à se remettre en couple avec qui que ce soit…mais ça, il ne l’entend pas et il nous avoue même avoir du mal à séparer la sexualité de l’amour.

* Pour moi, tout cela représente un signal d’alerte.

Elle lui avoue même avoir tenté de se remettre avec son ex compagnon qui lui a répondu qu’il ne voulait pas se remettre en couple avec elle.  Pourtant, lui, Bruno, parle toujours de cette relation entre lui et sa voisine, telle une relation de couple…


Pendant toute la soirée, on l’a mis face à la réalité (du moins, face à notre réalité). On lui a dit qu’il devrait s’en tenir aux mots de cette fameuse voisine et ne pas faire d’interprétation. On lui a parlé d’amour propre et de bienveillance envers lui-même. On lui a dit qu’il méritait d’être avec une femme qui se sentirait heureuse d’être en couple avec lui et qu’il ne faudrait pas convaincre qu’il était la bonne personne pour elle.

Il n’y avait rien à faire, il y croyait dur comme fer à une possibilité de vivre une belle histoire d’amour avec sa voisine avec qui, il se sentait déjà en couple. A-t-il tort ? Je pense que personne n’a la réponse, mais nous étions toutes d’accord pour lui dire qu’il ne devrait sans doute pas insister autant avec cette fameuse voisine. Finira-t-elle par se dire que Bruno est celui qui lui faut ? Est-ce qu’il faut autant insister pour que quelqu’un nous accepte et se mette en couple avec nous ? Je pense que non, mais l’amour rend aveugle parait-il et au final, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.

Alors quand Bruno m’a demandé une dernière fois mon avis sur cette situation, je lui ai simplement expliqué que cela serait lui répéter les mêmes choses que nous lui avions dites pendant notre dîner la veille et que cela ne servirait à rien, que je lui souhaitais cependant, qu’un jour, il trouve une femme qui ne le mettrait pas dans une telle situation et qui lui exprimerait plus simplement son désir d’être avec lui. Et si c’est sa voisine tant mieux.

En réalité, mon titre aurait pû être :

Pourquoi j’ai arrêté d’apporter mon aide à des personnes qui ne m’ont rien demandé ET que je ne connais pas (vraiment), même si je pense qu’elles sont dans une situation qui semble leur être néfaste

Un peu trop long…


Tout ça pour dire, qu’avec le temps, j’ai appris, à mes dépends et avec l’accompagnement d’une super coach professionnelle (qui était accessoirement aussi psychologue et hypnothérapeute), qu’être sauveuse n’était pas très pas sain, ni pour moi, ni pour la personne que je pense aider.

Je vous ai dit que j’ai notamment appris cela à mes dépends, parce que cette position de sauveur (sauveteur), on ne la garde pas pour toujours, car on peut par la suite prendre la position de victime ou même celle de bourreau. A l’époque, ma coach m’avait parlé du triangle de Karpman aussi communément connu sous le nom de triangle dramatique.

Pour vous dire quelques mots sur le triangle dramatique: il s’agit d’un scénario relationnel psychologique qui appartient à ce que l’on appelle communément les « Jeux de manipulation » entre trois rôles qui sont symboliques et complémentaires : la Victime, le Persécuteur (ou Bourreau) et le Sauveur (ou Sauveteur). Il est bon de rappeler qu’il s’agit de rôles symboliques, car en réalité ce triangle dramatique peut concerné deux personnes, trois, voire plus.

Au sujet des trois rôles:

La victime:

  • Elle a conscience de sa situation
  • Elle se plaint mais reste cependant passive
  • Elle est fataliste et agit comme s’il n’y avait aucune solution
  • Elle attire le sauveur et le persécuteur

Le sauveur

  • Il se soucie de la victime
  • Il est altruiste
  • Il fait preuve d’abnégation
  • Il attire la victime
  • Il attire le persécuteur

Le bourreau

  • Il est souvent égoïste
  • Il a un fort impact sur la victime
  • Il est parfois violent
  • Il attire la victime
  • Il attire le sauveur

D’une part, comme je l’ai dit plus haut, qui sommes-nous pour savoir à la place de l’autre ce qui est bon pour lui ? Pourquoi nous évertuons-nous à aider quelqu’un qui ne nous demande pas de l’aide ? D’autre part, lorsque l’on est dans le schéma d’un triangle dramatique, on ne reste pas longtemps à la place du sauveur et il est de même pour la victime qui ne reste pas non plus à sa place. Souvent les rôles changent et le sauveur peut devenir victime, alors que la victime peut devenir persécuteur par exemple.

Bruno est dans cette situation actuelle. Je la connais bien, car je l’ai vécue aussi dans le passé. Est-ce que cela vous parle ? Passer de la position d’un sauveur à celle d’une victime ? Vouloir aider et finir par souffrir ?

On ne peut pas aider une personne qui ne veut pas s’aider elle-même ou qui ne pense pas être dans une situation dans laquelle elle devrait sortir. On peut cependant lui dire que l’on sera là, le jour où elle décidera de quitter ce schéma.

Et puis, arrêtons aussi d’aider des personnes qui nous font souffrir, qu’il s’agisse d’un membre de notre famille, d’un conjoint, d’une personne que l’on considère comme étant un ami ou qu’il s’agisse d’un collègue, si aider une personne vous fait du mal ou nuit à votre bien-être, ne le faites plus. Point final. Est-ce plus facile à dire qu’à faire ? Bien évidemment, mais cela demeure pourtant vrai.

Enfin, arrêtons de penser que l’on est tout le temps être en mesure d’aider autrui car ce n’est pas tout le temps le cas. Parfois on est impuissant face à une situation et cela aussi nous devons l’accepter.

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