Je ne me suis jamais dit que jâĂ©tais faible.
Mais je me suis souvent demandĂ© si jâallais un jour mâen sortir.
Parce que quand on avance dans le brouillard,
sans lumiĂšre, sans repĂšre,
on finit par se demander si un jour, ça sâĂ©claircira.
Ma force tenait dans ma conviction que demain serait meilleur. J’avançais alors sans voir oĂč je mettais le pieds.
Au fond de moi, je le savais, ce nâĂ©tait pas une chute.
CâĂ©tait un passage.
Un appel du corps Ă mâaimer autrement.
Quand le corps dit stop
La dĂ©pression ne sâest pas abattue comme une tempĂȘte.
Elle sâest glissĂ©e dans mes âça vaâ mĂ©caniques.
Je continuais dâavancer, dâaider, de sourire â
mais Ă lâintĂ©rieur, quelque chose se vidait sans que je m’en rende compte.
Jâavais toujours Ă©tĂ© celle qui prend soin.
De mes proches, de mes collĂšgues, au final, des autres avant moi.
CâĂ©tait ma maniĂšre dâaimer, et peut-ĂȘtre aussi une façon dâĂ©viter de me regarder en face.
Et puis, jâai perdu un ĂȘtre cher.
Cette perte a tout fissuré trÚs profondément.
Elle a réouvert mes peines et mes traumas,
mais aussi mes yeux.
Parce que quand la mort traverse ta vie,
elle emporte les illusions avec elle.
Tu ne peux plus faire semblant.
Tu ressens tout â la douleur, mais aussi le vrai.
J’ai dĂ©cidĂ© de quitter mon job et une partenaire toxique que je pensais aimer.
Ce deuil, je ne lâai pas complĂštement fait aujourd’hui.
Il continue de vivre en moi,
comme une porte entrouverte entre mes blessures et ma lumiĂšre.
Mais une chose est sĂ»r, ma lumiĂšre ne s’Ă©teindra jamais.
Ce nâĂ©tait pas un manque de force â câĂ©tait un trop-plein dâamour mal orientĂ©
Je ne manquais pas de force.
Jâen avais mĂȘme trop.
Trop pour continuer Ă tout porter,
trop pour absorber la peine des autres sans vider la mienne.
Ă force dâaimer sans me nourrir,
jâai donnĂ© sans jamais recevoir en retour.
Je pensais que prendre soin des autres suffisait Ă me nourrir, je pensais que je n’avais plus besoin d’aide.
Mais le corps finit toujours par rappeler que la source, câest soi.
Il mâa forcĂ©e Ă ralentir.
Ă tourner mon regard vers lâintĂ©rieur.
Ă comprendre que guĂ©rir les autres ne mâexemptait pas de me guĂ©rir moi-mĂȘme, que recevoir sans donner Ă©tait Ă©goĂŻste mais que donner sans recevoir est de l’abandon de soi.
đ± Sâaimer diffĂ©remment : Ă©couter le corps, pas le mental
Le mental voulait réparer.
Mais le corps, lui, demandait Ă ressentir.
Jâai appris Ă Ă©couter ses messages,
Ă honorer ses pauses,
Ă accepter ses larmes.
Petit Ă petit, jâai redĂ©couvert un amour que je nâavais jamais autant pratiquĂ© :
celui qui ne se mérite pas,
celui qui ne se prouve pas,
celui qui se reçoit.
GuĂ©rir lentement, câest aussi guĂ©rir
La lumiĂšre nâest pas revenue dâun coup.
Elle sâest frayĂ©e un chemin dans les fissures.
Ă travers un sourire inattendu, des moments de joie,
un lever de soleil, des étoiles qui brillent,
une journée sans larmes.
GuĂ©rir, ce nâest pas effacer.
Câest apprendre Ă cohabiter avec ses blessures sans quâelles prennent toute la place.
Aujourdâhui, je ne cherche plus Ă ĂȘtre âcomme avantâ.
Je choisis dâĂȘtre plus alignĂ©e.
Dâavancer avec mes ombres, avec ma vulnĂ©rabilitĂ©
et de transformer mes pertes en semences de lumiĂšre.
Ce que cette traversĂ©e mâa rĂ©vĂ©lĂ©
Cette pĂ©riode mâa ramenĂ©e Ă moi.
– Elle mâa montrĂ© que mĂȘme dans la nuit, je pouvais continuer Ă marcher.
– Elle mâa appris que prendre soin de moi nâĂ©tait pas un luxe,
mais une nécessité vitale.
– Elle m’a aidĂ©e Ă Ă©loigner de ma vie toutes personnes toxiques
Mon corps, ma douleur, mon deuil :
ils ont tous conspirĂ© pour me ramener Ă lâessentiel. đż
Conclusion : ton corps sait
Si tu avances dans la nuit,
souviens-toi : la lumiĂšre reviendra,
mais jamais comme avant.
Ton corps parle,
tes émotions témoignent,
et mĂȘme ta douleur peut devenir direction.
Ce que tu traverses ne te détruit pas.
Ăa te redĂ©finit.
Et si tu Ă©coutesâŠ
tu comprendras que ta lumiĂšre nâa jamais disparu â
elle attendait juste que tu la regardes enfin.


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