Comment j’ai réussi à courir un marathon sans préparation

Je commencerai mon article par dire que je ne conseille à personne de courir un marathon sans avoir suivi une préparation digne de ce nom. Mon but n’est donc pas de vous encourager à courir un marathon sans préparation mais uniquement et en toute humilité, de partager avec vous mon expérience personnelle.

Je ne suis pas particulièrement prédisposée à la course à pieds, même si j’entends dire que ma carrure me facilite la tâche. Je ne suis pas une très grande sportive, surtout si on prend en compte ma piètre carrière de handballeuse. Pourtant je suis arrivée au bout de cette épreuve qui en décourage plus d’un. J’ai honte de l’avouer, mais si je ne suis pas allée au bout des préparations au marathon que j’avais commencées (parce que oui, il y en a eu plusieurs), c’est uniquement par simple manque de dévouement et de discipline.

Dans le passé, je n’ai pas vraiment eu à me préparer pour les courses que j’ai pu faire:

Comment j'ai réussi à courir un marathon sans préparation
La Parisienne (6km) en 2012
Comment j'ai réussi à courir un marathon sans préparation fitness
10km pour Elles en 2015
Comment j'ai réussi à courir un marathon sans préparation so mad
So Mad en 2015 (5,5km)
Comment j'ai réussi à courir un marathon sans préparation course à pieds
Energizer Night Run (6,5 km) en 2016
Semi-Marathon de Moutsoult en 2016

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Je ne manquais pas de bonne volonté, j’avais d’ailleurs commencé une préparation au marathon pour débutants que je suivais par le biais de l’appli Nike+. A cette époque, je n’avais pas vraiment prévu de faire un marathon, mais je voulais simplement savoir si j’étais capable d’aller jusqu’au bout de la préparation (ne me demandez pas pourquoi…). Les sorties montaient progressivement en intensité et cela paraissait parfait pour mon niveau. Les premiers runs étaient très faciles et je n’avais aucun mal à sortir pour aller courir, d’autant plus qu’en septembre l’été est toujours bien présent sur Bordeaux.

J’ai commencé à en parler à Christelle et Hélène, respectivement amie et cliente, qui m’ont très rapidement poussée à aller au bout de la prépa, mais aussi à m’inscrire au marathon de Bordeaux. Je l’ai donc fait !

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L’hiver commençait lentement mais sûrement à s’installer, conjointement, mon couple battait de l’aile et j’ai fini par abandonner ma préparation.

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Je me suis rendue avec ma moitié chez un couple d’amis, Hélène et François (aka Fanfan). Il s’avère que Fanfan est un très bon coureur, marathonien récidiviste, de surcroît très rigoureux, et presque addict à la course. Pendant ce séjour à Toulouse, nous sommes allés courir et je me suis épuisée au bout de 3 ou 4km. Vous comprendrez donc que, lorsque je lui ai annoncé mon inscription au marathon de Bordeaux, il n’a pas misé gros sur ma capacité à réussir et avait énormément de mal à cacher son appréhension et son inquiétude. Je ne pourrai pas l’expliquer mais malgré ses doutes et mon incapacité à courir plus de 4km, je lui répétais sans cesse de ne pas s’inquiéter car j’étais sûre d’aller jusqu’au bout de cette épreuve. Après réflexion, je ne suis pas certaine que j’y croyais à cette époque, mais je me souviens répéter à ceux qui doutaient ou s’inquiétaient: « Je sais que j’irai jusqu’au bout, je ne sais pas en combien de temps et dans quel état je serai à la fin, mais j’irai jusqu’au bout !« . Fanfan m’a donc fait parvenir un plan entraînement sur 10 semaines que j’ai suivi…

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J’étais motivée à bloc grâce à une bonne dose de « c’est maintenant ou jamais » et un zeste de « si tu ne te prépares pas, tu n’y arriveras JAMAIS ! ». J’ai donc repris sérieusement l’entraînement, jusqu’à ma rupture avec mon ex. Avoir le cran d’être honnête avec soi-même, et avec l’autre évidemment, n’a pas été facile, surtout avant une telle épreuve.

Mais je ne voulais pas me laisser abattre, j’ai passé des longs moments au téléphone avec des amis et notamment Christelle, qui s’était inscrite au marathon de Paris. On rigolait sur le fait que nous n’étions pas du tout prêtes. Je lui disais qu’en ce moment TOUT LE MONDE parlait du marathon, il y avait des affiches placardées partout et même la petite voix dans le tram parlait du marathon en boucle.

J’ai alors commencé à suivre un régime drastique. Comprendre par drastique, des sucres lents à toutes les sauces: pâtes au saumon, au chorizo, aux légumes, de l’attiéké en veux-tu en voilà…

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J’ai régulièrement répété des affirmations positives et lu des articles sur des coureurs qui n’avaient pas suivi de préparation. J’ai donc pris la ferme décision de ne pas m’arrêter avant le 22e kilomètre.

>>>> I ran a marathon without training: how and why <<<<

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Je me suis préparée mentalement en visualisant la ligne d’arrivée tous les jours.

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J’ai demandé à mes proches de m’enregistrer des messages d’encouragement & j’ai suivi des sessions yoga et de méditations silencieuses

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J’ai fait du shopping: des comprimés de Spiruline que j’ai pris tous les jours jusqu’au jour J, un roller Puressentiel, que j’ai utilisé à la fin du marathon, des comprimés à croquer Sporténine pris avant, pendant et après la course, de l’ultra gel (j’ai dû en prendre 3 ou 4 pendant la course), sans oublier des chaussettes de running Kiprun Strap.

J’ai aussi opté pour des pâtes de fruits chez Décath. Elles sont super bonnes, j’en ai d’ailleurs acheté deux paquets !

GROUPE 5 Running, Trail, Athlétisme - Pâte de fruits Fraise 5x25g APTONIA - Running

Jour J

A 15h, Jessica et moi avons dévoré des pâtes au saumon. J’ai pour ma part, bu environ 75 cl d’eau en tout, alors que je voulais initialement boire au moins 1L. A 16h, nous avons fait une sieste d’1h30, puis nous voilà en route pour récupérer nos dossards ! Le départ du marathon et du semi-marathon était prévu à 20h mais nous avons démarré la course autour de 20h30.

Pendant la course, je me suis arrêtée à chaque point de ravitaillement, j’ai alors bu 2 gobelets d’eau et grignoté tout ce qui était proposé. J’étais concentrée sur mon rythme et je courais sur les côtés pour ne pas gêner et être gênée par les autres coureurs. L’ambiance était très positive et encourageante, j’étais là pour prendre du plaisir et non pour exploser un record. Je tapais dans les mains des spectateurs, j’encourageais les coureurs qui paraissaient souffrir et je souriais à la vue de chaque photographe. Pendant la course, j’ai reçu des appels de Fanfan, de ma soeur et de sa petite famille, ce qui m’a fait beaucoup de bien, sans oublier que j’avais les enregistrements de mes proches ! Dans mon téléphone, j’y avais ajouté des chansons et autres sons envoyés par mes amis, ainsi qu’un audiobook sur le pouvoir de l’esprit: El Poder Ilimitado de la Mente Subconsciente de Camilo Cruz.

#alwaysreadyforapic

Si mon esprit peut le concevoir et que mon coeur peut y croire, je sais que je peux y parvenir – Jesse Jackson

Je refusais de croire au mur du marathon, mais c’est au bout du 31e km que je commençais à ressentir de la douleur physique. Je me répétais donc des affirmations positives à haute voix et j’alternais marche rapide et course jusqu’au bout !

J+1 à J+4

J’avais très très mal…

Qu’ai-je (ré)appris de cette expérience ?

  1. Lorsque je crois en moi à 400%, j’arrive à atteindre mes objectifs
  2. Se préparer mentalement, c’est 80% du travail
  3. Il est inutile d’être en compétition contre autrui.
  4. Je ne laisserai plus JAMAIS personne déterminer ce que suis ou non capable d’accomplir
  5. Dans des situations difficiles, il est bon d’être entouré de ses proches
  6. Ce n’est parce que l’on souffre que l’on doit oublier que d’autres souffrent aussi
  7. A quoi bon se prendre trop au sérieux ?

Je suis ravie et fière d’être allée jusqu’au bout, je compte bien réitérer l’expérience l’an prochain à Bordeaux ou ailleurs, en me préparant mieux cette fois-ci (ce qui ne sera pas très compliqué). Next step après le marathon, j’ai comme une envie de faire un triathlon…mais faudrait peut-être apprendre à nager…?